Montpellier : l’après-Frêche dans tous les esprits

La course à la présidence de la région Languedoc-Roussillon est ouverte

“Il ne va pas falloir attendre six mois pour prendre les choses en main ! Mais pour l’instant, c’est le black-out total”, élude le conseiller régional Christian Bouillé à sa sortie de la mairie de Montpellier qui, en pur frêchiste, cumule aussi les postes d’adjoint au maire et de conseiller d’agglomération. Du côté de Montpellier, les appétits s’aiguisent. Discrètement. Car même si l’après Georges Frêche est dans tous les esprits – et l’était déjà bien avant sa mort, dimanche -, même si François Hollande, ex-secrétaire générale du PS lui a rendu hommage, rares sont ceux qui ont osé l’évoquer hier. « Ce mec tenait tout ! Ça tire de partout maintenant. Les gens se demandent quelles délégations ils vont avoir. Il doit rigoler de là-haut, lui qui avait l’habitude de tirer les ficelles« , lance un conseiller municipal socialiste, qui préfère ne rien dire officiellement jusqu’aux obsèques, le 27 octobre.

Hommage au président de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche, lundi, à la mairie de Montpellier (© AFP Pascal Guyot)
Discrétion similaire à Solférino, où le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a éludé : “Nous ne sommes absolument pas en situation de répondre à la question de la succession de Georges Frêche à la tête de la région.” Et quid de sa succession à la tête de l’agglomération de Montpellier ? Et de l’évolution de la fédération PS de l’Hérault, dont il tenait encore quelques manettes ? Et ce, même si ses plus fidèles soutiens en avaient été exclus en février 2010 pour avoir mené la campagne des régionales de mars derrière lui et non derrière la candidate officielle du PS, la maire de Montpellier, Hélène Mandroux.
En attendant l’élection, la confusion
Hier, c’était la confusion au conseil régional. Organisation des obsèques (demain matin), mise en place d’une chapelle ardente (aujourd’hui à l’hôtel de région), textes de loi à potasser pour savoir qui assurera l’intérim à la présidence du conseil régional… Par la grâce de l’ordre alphabétique, du non-cumul des mandats et de la parité, ce sera Josianne Collerais, vice-présidente chargée de la culture, ex-communiste qui a quitté le PCF en avril par fidélité à Georges Frêche. Aucun signe politique donc à voir dans cette prise de fonction, en attendant l’élection du président du conseil régional, peut-être le 10 novembre. Les coulisses bruissent du nom de Christian Bourquin, président du conseil général des Pyrénées-Orientales. Premier vice-président de la région entre 2004 et 2010, il rapportait sur son blog il y a un an des propos tenus par “Georges” : “Ça serait amusant qu’il y ait un Catalan à la tête de la région.” Et d’ajouter pour commentaire :Les petites phrases de Georges Frêche méritent attention…”

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D’autres pensent à l’Audois Didier Codorniou, désigné par les militants socialistes en 2009 pour les régionales de 2010, sachant qu’il laisserait sa place à Frêche. Ou encore à François Delacroix, autre fidèle du feu seigneur languedocien, son ancien directeur général des services à l’agglomération. Certains, relevant que Damien Alary, président du conseil général du Gard et autre vice-président de région, disait de Frêche dans “Midi Libre” d’hier “ce n’était pas mon mentor mais un proche », y voient une prise de distance significative… Seule certitude, le PS ne pourra pas investir de candidat, puisqu’il a exclu de ses rangs tous les colistiers socialistes de Frêche.
Rapport de forces
Côté agglomération, le leadership pourrait revenir à la première vice-présidente… Hélène Mandroux, qui le revendiquait il y a quelques mois encore. Mais le maire de Cournonsec, Jean-Pierre Moure, lui aussi premier vice-président, ambitionne ce poste, que Frêche lui faisait miroiter. Tout dépendra du rapport de force dont disposera la maire de Montpellier, actuellement au Japon, au sein de cette assemblée de 90 élus, dont ceux de gauche étaient jusqu’alors divisés entre frêchistes et anti-frêchistes. En attendant, elle vient d’annuler la séance de signature prévue le 5 novembre chez Sauramps à Montpellier pour son livre Maire courage (en librairie jeudi), dans lequel elle n’a pas que des mots tendres envers son ancien ami “Georges”. À l’heure où des centaines de personnes défilent à la mairie pour remplir les cahiers de doléances, cela aurait fait désordre.
Quant à la fédération socialiste de l’Hérault, mise sous tutelle pendant six mois début octobre, “ça ne change rien”, explique Pascale Boistard, du PS national, qui chapeaute une direction collégiale de sept membres héraultais parmi lesquels trois “pro-Frêche” et trois “pro-Mandroux”… Si la fédération est en ordre fin mars, un nouveau secrétaire sera élu. Ce ne pourra plus être le fidèle Robert Navarro, exclu lui aussi. Et Frêche n’est plus là pour œuvrer dans l’ombre.
(Avec Libération)

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