Chronic de Michel Franco : un prix du scénario bien mérité

Chronic-photo-2-300x200 Chronic de Michel Franco : un prix du scénario bien méritéPour une fois, le prix du scénario cannois a récompensé un film extrêmement bien écrit.
 
 

 
Souvent, le prix du scénario du festival de Cannes est l’occasion de donner un prix à un film dont on ne savait pas trop quoi faire, que certains jurés souhaitaient voir récompensé, et dont le scénario n’était la plupart du temps pas la qualité la plus manifeste – c’était évident il y a deux ans avec A Touch of sin de Jia Zang-ke, ou en 2008 avec Volver de Pedro Almodovar en 2008. Un lot de consolation, si l’on peut dire.
 
 
 
 

Tel n’est pas le cas cette année avec le beau Chronic réalisé par le Mexicain Michel Franco, dont l’art du récit est bien l’une des vertus principales.
 
 

 
Toute la subtilité du regard que pose Franco (auteur du passionnant Despues de Lucia) sur son personnage principal (interprété par Tim Roth, tout en sobriété) réside dans le fait qu’il nous le présente d’abord comme un personnage menaçant : qui est ce type qui va mater une jeune fille sur Facebook ? Pourquoi la suit-il en voiture ?
 

Deux parties habilement agencées
Ensuite, le spectateur constate qu’il passe ses journées à s’occuper d’une femme qui va bientôt mourir du sida, et on se dit qu’elle doit être sa compagne, tant il lui accorde d’attention, d’amour. Et puis l’on apprend soudain qu’il s’agissait d’une inconnue, et qu’il est en réalité un infirmier rémunéré pour l’accompagner jusqu’à la fin de sa vie. Qui est ce mystérieux bonhomme qui donne trop de lui dans son travail, jusqu’à inquiéter les proches des malades ?
C’est vraiment la menace que brandit la mise en scène pendant la première moitié du film – et on craint même à un moment donné que la « bonté » du personnage (nulle religiosité ici) ne soit une manière de justifier ou de contrebalancer sa potentielle folie criminelle.
Mais dans la seconde partie du film, le récit part sur une autre voie, inattendue, qui donne tout son sens et son sel au film.
Qu’on l’aime ou non (le film a ses contempteurs), Chronic est l’oeuvre d’un excellent raconteur d’histoire.
 

 


 
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