La France pas si généreuse avec ses chômeurs

Peut-on faire de substantielles économies sur les indemnités des chômeurs, comme le suggère la Cour des comptes dans son dernier rapport ? Les comparaisons européennes montrent pourtant que la France n’est pas la plus généreuse dans ce domaine.

Le rapport de la Cour des comptes a rouvert le débat sur la supposée générosité de l’assurance chômage française. La preuve, expliquent ses pourfendeurs, elle est en déficit.

Le déficit se creuse quand le chômage augmente
Le problème c’est qu’il est normal que l’assurance chômage soit en déficit quand le chômage augmente. Si l’assurance chômage devait toujours être en équilibre, cela voudrait dire qu’il faudrait couper les prestations et augmenter les cotisations au moment même où le chômage remonte. On aurait alors une action procyclique en ajoutant de la crise à la crise.
Il y a certainement des ajustements structurels à faire et des injustices à corriger (cotisations insuffisantes de l’intérim et des emplois précaires notamment) mais il ne sert à rien de se précipiter pour rétablir l’équilibre de l’assurance chômage quand les déficits se creusent parce que le chômage monte.
Le modèle danois
De plus, si l’on souhaite avancer vers une flexisécurité sur le modèle danois, il est difficile de dire dans le même temps que les chômeurs français sont trop indemnisés. Il faut bien mesurer ce qu’une telle flexisécurité implique : selon Eurostat, avec 6 % de chômeurs en 2009, le Danemark a dépensé 3,2 % de son produit intérieur brut (PIB) pour les indemniser, les former et les encadrer. La même année, la France n’a dépensé que 2,4 % de son PIB pour prendre en charge ses 9,5 % de chômeurs. Si les Français voulaient vraiment se doter d’une flexisécurité à la danoise, ils auraient dû y consacrer 51 milliards d’euros supplémentaires cette année là…
(D’après Guillaume Duval, Alternatives Économiques)

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