L’œnotourisme français se réinvente

En France, le tourisme viticole ne connaît de réel développement que depuis 5 ans,un cas à part dans le paysage mondial. L’Australie, la Californie en Californie, l’Espagne ou l’Italie, ont depuis longtemps pris conscience des multiples potentiels du marché de l’oenotourisme  (hausse des ventes, diversification des produits, fidélisation des clients).

La Winery, un haut lieu du vin incontournable en Gironde

Combler le retard avec des projets innovants

Créée en 1989 par Jean-Michel Cazes, propriétaire du grand cru classé de Lynch Bages à Pauillac,  Bordeaux Saveurs regroupe aujourd’hui Relais & Châteaux, l’École du vin, une école de cuisine, une agence de voyage et le village de Bages. Une ruine, il y a encore deux ans, qui compte aujourd’hui une boulangerie, un café-brasserie, des maisons d’habitation, des ateliers d’artistes contemporains et prochainement une salle de cinéma et une médiathèque thématique.
Conscient que le produit devait être replacé dans son environnement, il a enclenché le croisement du vin avec d’autres univers comme la gastronomie ou l’art pour faire du vin un produit vivant, enraciné dans un terroir auquel le visiteur va s’attacher.

Philippe Raoux, initiateur du concept novateur Château d’Arsac en 1986, qui a toujours un temps d’avance, vient  d’ouvrir La Winery, un complexe oenotouristique d’envergure dans le Médoc : une boutique proposant plus de 2 000 références de vins français et étrangers, un restaurant « bistronomique », des paniers pique-nique, un auditorium et des spectacles gratuits en plein air. Les visiteurs peuvent aussi prendre connaissance de leur « signe oenologique » (sur rendez-vous, 15 euros), une manière ludique d’orienter ensuite le client et de le garder…

« C’est un formidable outil marketing et de fidélisation, reconnaît le fondateur.
Notre but premier n’est pas de vendre immédiatement, sur place, mais d’alimenter notre fichier clients. »

Une initiative privée qui travaille main dans la main avec les institutions du tourisme locales qui ont toutes engagé des actions concrètes en partenariat avec les comités interprofessionnels de leur région respective : ouverture de circuits touristiques « clefs en main », guides, chartes ou cartes de la Route des Vins (une base de données complète disponible en ligne) ; création de postes et d’un comptoir dédiés à l’oenotourisme en office de tourisme.

Autant d’initiatives nécessaires, mais certainement pas suffisantes pour attirer une clientèle toujours avide d’originalité. « Les gens nous demandent souvent des produits qui n’existent pas encore », souligne André Deyrieux, créateur du premier site consacré à l’oenotourisme qui enregistre déjà 1 000 visiteurs par jour, moins d’un an après son lancement.

 

 

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